LE VICE-PRÉSIDENT DE L’ANC DÉSIGNÉ CHEF DE L’ÉTAT
Zuma promet une «transition en douceur»
Le président de l’ANC, Jacob Zuma, rassure et promet une transition sans écueil au moment où le numéro deux du parti prend la présidence.
Le vice-président du Congrès national africain (ANC, au pouvoir en Afrique du Sud) Kgalema Motlanthe a été désigné hier président de la République avec pleins pouvoirs en remplacement de Thabo Mbeki, démissionnaire, a indiqué le porte-parole du groupe parlementaire. M.Motlanthe «sera le nouveau président, pas un président par intérim, il sera le président de la République (avec pleins pouvoirs) jusqu´aux élections» générales au 2ème trimestre 2009, a déclaré le porte-parole, K.K.Khumalo, à l´issue d´une réunion du groupe parlementaire au Cap.
Le président Mbeki a remis dimanche sa démission au Parlement, poussé vers la sortie par son propre parti qui lui a retiré sa confiance en raison d´ «interférences» dans la constitution du dossier d´accusation pour corruption du chef de l´ANC, Jacob Zuma. Un président par intérim n´aurait pu qu´expédier les affaires courantes du pays. Avec les pleins pouvoirs, M.Motlanthe pourra constituer un vrai gouvernement de transition.
M.Motlanthe avait intégré il y a quelques semaines le gouvernement Mbeki, en tant que ministre à la présidence, afin d´assurer la transition prévisible vers le camp Zuma dans la perspective des élections générales rappelle-t-on. Par ailleurs, le chef du parti au pouvoir en Afrique du Sud, Jacob Zuma, a promis hier une «transition en douceur» à la suite de la démission du président Thabo Mbeki, renvoyé ce week-end par sa formation, l´ANC.
«Le camarade Mbeki a dirigé un gouvernement ANC (composé de membres du Congrès national africain)», a déclaré M.Zuma devant la presse à Johannesburg. «Nous prévoyons donc une transition en douceur, puisqu´il ne s´agit pas d´un changement de parti (dirigeant le pays) mais d´un changement à la tête du gouvernement», a ajouté le chef de l´ANC. «Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer la stabilité» et le maintien des services publics, a-t-il dit. «La politique économique» de la première puissance du continent va «rester stable, prospère et inchangée» a promis le rival du président Mbeki. Ce dernier, qui dirigeait le pays depuis neuf ans après avoir été le vice-président de Nelson Mandela, a remis dimanche sa démission au Parlement, après que l´ANC lui eut retiré sa confiance. Le processus de nomination de son remplaçant est strictement parlementaire, a souligné M.Zuma. La Constitution prévoit que le Parlement issu d´élections générales désigne le président de la République et, le cas échéant, son remplaçant, qui doit être membre du Parlement et vient de préférence du gouvernement.
C´est dans ce contexte, que le vice-président de la formation, le modéré Kgalema Mothlante, a été choisi dans la matinée pour prendre la relève de Mbeki. Répondant aux inquiétudes sur un départ en masse de ministres du gouvernement Mbeki, Jacob Zuma a assuré n´avoir reçu «pour l´instant» aucune démission d´un membre du cabinet.
Il a aussi affirmé que M.Mbeki conserverait un rôle de cadre au sein du parti au pouvoir et loué les «impressionnants succès» de ce dernier, qui a «créé les conditions d´une croissance soutenue» jamais vue dans l´ancienne Afrique du Sud ségrégationniste.
La décision de démettre le président est «l´une des plus difficiles que l´ANC ait dû prendre dans son histoire», a déclaré M.Zuma. «Elle n´a pas été prise à la légère, mais elle a dû être prise dans l´intérêt du pays, afin d´avancer» hors de la crise née de la division du parti, selon lui.
Dans la perspective des élections «l´année prochaine», «le pays a besoin d´un parti fort et unifié», a-t-il dit. Notons enfin que le parti au pouvoir en Afrique du Sud, l´ANC, a proposé hier au Parlement que le président démissionnaire Thabo Mbeki quitte ses fonctions jeudi, selon une journaliste de l´AFP présente sur place.
Une motion en ce sens du chef du groupe parlementaire du Congrès national africain (ANC) sera examinée aujourd´hui par le Parlement. Elle devait l´être dès hier mais un petit parti d´opposition a refusé d´accepter une motion d´urgence. Le sujet a donc été placé à l´ordre du jour normal du lendemain.