BOUIRA
Mains nues, elle défend l’honneur de ses filles
Plusieurs fois et dans divers papiers, nous avons rapporté la situation sociale dramatique d´une femme qui occupait un bidonville sur le site historique de Draâ El Bordj au chef-lieu de wilaya.
Cette mère de deux jeunes adolescentes vivait avec ses deux enfants dans une baraque jusqu´au jour où, sur décision de justice, elle est mise dehors. Les responsables étaient unanimes à reconnaître que cette citoyenne méritait un logement décent. Sur les 36 indus occupants du site, 6 seulement ont eu l´accord d´une commission d´enquête. Depuis l´expulsion, la malheureuse n´a négligé aucun moyen pour attirer l´attention sur le risque d´agression qu´encouraient ses filles.
La réponse était toujours: «Bientôt nous statuerons sur votre cas...» Hélas, ce qui devait arriver arriva. Dans la nuit de mardi à mercredi, des individus ont tenté de porter atteinte à l´honneur d´une des filles. La mère, dans un élan de courage sans égal, a défendu sa progéniture. L´un des agresseurs lui a asséné un coup à l´arme blanche. L´intervention des voisins a sauvé la pauvre famille. Admise à l´hôpital, la femme est prise en charge. Sans vouloir basculer dans les prophéties, nous disons que la responsabilité ici incombe aux responsables locaux.
Ce qui est encore plus dramatique c´est d´entendre un responsable qui, pour fuir sa responsabilité, va jusqu´à discréditer les jeunes filles en prétextant qu´elles sont de moeurs légères, il y a là un pas grave à ne pas franchir. Connaissant cette famille pour l´avoir soutenue dans ses démarches (entrevues avec le maire, le chef de daïra...), nous précisons à ce responsable que ces deux jeunes filles, dont une diabétique, étaient des exemples au CEM Haddouche où elles étudiaient. L´ex-directeur de l´éducation, au regard de leurs notes, leur avait proposé l´internat mais l´amour qu´elles vouent à leur maman les a amenées à supporter la misère de la rue, l´incivilité et l´absence de valeurs qui sont monnaie courante.