Une instruction surréaliste
Une instruction vient d´atterrir dans les établissements primaires ordonnant aux enseignants de ce palier de changer le mode d´évaluation du niveau des élèves. Rien d´anormal à cela sauf quand on voit la difficulté qui peut résulter des applications de cette instruction.
A titre indicatif, nous prendrons la première année élémentaire. Les élèves composeront dans 12 matières. L´instruction fait que l´enseignant est amené à donner des notes de devoirs et de compositions mensuellement en plus d´une appréciation par matière.
Le bulletin de notes est confié à chaque enseignant qui doit le confectionner puisque l´imprimé n´existe pas. La réforme de l´enseignement passe obligatoirement par pareille décision mais après moult réflexions.
A voir la rapidité dans l´application de cette directive, pondue au beau milieu de l´année, les enseignants concernés ont l´impression qu´en haut lieu ces réformes ressemblent plus à un bricolage qu´à une réelle volonté d´améliorer le niveau des apprenants. Comment fera un enseignant qui assure 12 matières pour satisfaire à cette demande des instances dirigeantes?
Au lieu de faciliter le travail aux enseignants, en diminuant par exemple les tâches administratives au profit de l´apprentissage, nos dirigeants privilégient pareilles décisions qui portent un réel préjudice au rôle élémentaire des enseignants, qui est celui d´apprendre aux enfants. Un petit calcul simpliste prouve que ce mode d´évaluation reste inapplicable. Le mois de janvier, à titre d´exemple, contient au maximum 27 jours d´école.
Il est demandé aux enseignants de noter 24 fois au moins l´élève dans les 12 matières (2 devoirs par matière dans le cadre de l´évaluation continue). L´enseignant doit, toujours selon l´instruction, organiser 12 compositions (1 par matière).
Après tout cela, le même enseignant doit remplir un bulletin en y intégrant une observation pour chaque matière. Que reste-t-il comme temps pour enseigner et surtout éduquer ces bambins qui fréquentent pour la première fois l´école?
La question est posée et reste sans réponse. Sans avoir la nostalgie de l´école coloniale, tout le monde sait, que jadis, l´enfant commençait par apprendre trois choses élémentaires: écrire, lire et compter.
Nos enfants, dès leur première année de scolarité sont confrontés à un enseignement diversifié ressemblant à une spécialisation et dont les conséquences sont connues de tous. Réformes oui, mais quand elles sont réalistes.