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Algerie-France/Jean-Noël Barrot, aujourd’hui, à Alger

Les enjeux d’une visite

Cette visite sera l’une des plus suivies dans les annales des relations algéro-françaises.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, arrive aujourd’hui à Alger. Sa mission, déjà balisée par l’entretien téléphonique entre les présidents Tebboune et Macron, n’est pas moins complexe. Elle intervient, certes, dans un contexte de désescalade, mais aussi au lendemain d’une crise diplomatique sans précédent entre Alger et Paris. Les questions objets de litige sont lourdes et, d’un côté de la Méditerranée comme de l’autre, les agendas ne coïncident pas. De même que les enjeux politiques et politiciens. L’Algérie a pour elle la sérénité d’une scène nationale cohérente, dont les acteurs tirent tous dans le même sens. En France, par contre, la menace d’une censure du gouvernement Bayrou et l’agitation politico-médiatique d’une extrême droite en roue libre obligent Jean-Noël Barrot à une posture difficile à tenir. Il est évident que ce déplacement, le premier d’un ministre français à Alger depuis des mois, sera particulièrement scruté à Paris. On ne risque pas un démenti en affirmant que cette visite sera l’une des plus suivies dans les annales des relations entre les deux pays. La raison de cet intérêt attendu est, pour Alger, l’affirmation d’un dialogue responsable reposant sur le respect des accords bilatéraux signés par les deux pays, notamment la Déclaration d’Alger. Celle-ci a scellé la création de la Commission mixte d’historiens algériens et français. En dépolitisant la question mémorielle, les deux pays devaient jeter les bases d’un partenariat multiforme, au bénéfice des peuples algérien et français. Pour Paris, l’enjeu est le même, mais avec un facteur supplémentaire, celui de disqualifier l’extrême droite. Dans le dossier algéro-français, celle-ci agite systématiquement des dangers imaginaires, mais qui, à force de tapage médiatique, crédite une thèse débile. L’objectif en est de stopper toute démarche de réconciliation. Retailleau, qui a brandi les alibis Sansal et les OQTF, a empoisonné les relations entre les deux pays. Mais il aura suffi d’une déclaration du président Tebboune, d’un entretien téléphonique entre les deux chefs d’État, algérien et français, pour que la thèse revienne à sa juste proportion. La visite de Barrot fait dire aux observateurs que les relations reprennent leur cours normal, sans que l’on ait besoin de déclarer un vainqueur dans cette brouille diplomatique. Elle aura paradoxalement démontré l’impossibilité d’une rupture entre l’Algérie et la France, comme l’imagine Marine Le Pen. L’agitation de l’extrême droite a, en effet, mis en évidence la solidité des liens humains et économiques. Ainsi que les vérités historiques de la colonisation qui ont été dévoilées par des Français sincères, à l’image de Jean-Michel Apathie et Ségolène Royal. Le déplacement d’aujourd’hui ne ressemble à aucun autre depuis l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Cette visite contredit les thèses de l’extrême droite, confirme la suprématie du droit sur les desseins politiciens et reconnecte deux nations qui se respectent. Cela pour dire que quel que soit le poids du passif en matière de migration, de manque de coordination judiciaire, de traitement de dossiers sécuritaires ou de contentieux mémoriel, les deux États se rencontrent sur la base d’une volonté de dépasser les ressentiments qui font office de programme de gouvernement pour certains politiques en France. L’échec consommé de la méthode Retailleau débouche sur une perspective nouvelle pour les relations algéro-françaises où «les bras de fer, les réponses graduées et les ultimatums» seront totalement proscrits du discours politique de l’Hexagone. La nouvelle page qu’ouvrent les deux pays est ainsi importante dans le sens où elle intervient au lendemain d’une séquence où un ministre français s’est cru tout permis et n’a obtenu qu’humiliation et déshonneur dans son propre camp. Cette «bataille» politico-médiatique de l’extrême droite, irrémédiablement perdue, a confirmé que l’Algérie française n’existe pas. Mais encore, elle a démontré qu’il est impossible, en France, de gouverner contre l’Algérie. Il n’y a pas de doute que la droite française saura retenir ces deux importantes leçons. Elle en tirera d’autant plus d’enseignements lorsque la méthode diplomatique prônée par le président Tebboune aura produit des résultats probants, sur le terrain et au profit des peuples algérien et français.

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