L'Expression

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Les signaux d’alerte d’une déstabilisation systémique

Sur le plan humanitaire, nous assistons à la réduction drastique de l’aide publique au développement octroyée par les pays développés aux pays en voie de développement.

Nous assistons à un basculement rapide du monde vers une nouvelle ère où les relations internationales ne sont plus régulées par la Charte des Nations unies et le droit international, avec des signaux inquiétants laissant entrevoir le surgissement de l'inconcevable, à savoir le scénario d'un conflit généralisé, sans limites et sans frontières, impactant tous les pays sans exception sur le plan politique, idéologique, médiatique, économique, social et sécuritaire.
Ce scénario est rendu plausible du fait des agissements des grands de ce monde pour imposer unilatéralement leurs intérêts au reste du monde, n'hésitant pas à remettre en cause l'intégrité territoriale des pays, à porter atteinte à leur souveraineté nationale, à mettre fin aux accords commerciaux jugés déséquilibrés, à abandonner leurs engagements internationaux pour la protection de l'environnement et à fonder leurs relations avec le reste du monde sur la base du rapport de force et non sur la base du droit, et ce, en toute impunité. Les valeurs universelles de l'État de droit, de démocratie et de libertés publiques si longtemps vantées par les pays du Nord auprès des pays du Sud global, ne sont plus que des slogans creux, étant les premiers à les violer.
Cette politique agressive, qui inaugure une nouvelle ère, met à mal l'ordre et les équilibres mondiaux, ainsi que la paix et la sécurité de tous les pays, qui se trouvent contraints de s'armer pour se défendre, car le droit international, consacré par la Charte des Nations, n'est plus respecté et n'assure plus leur protection. Sur le plan économique, le retour au protectionnisme après la mondialisation libérale fondée sur la libre circulation des capitaux, des marchandises et des personnes, s'est brutalement traduit par le verrouillage des frontières et l'instauration unilatérale de droits de douane plus ou moins élevés en fonction des intérêts nationaux, violant les règles de l'OMC qui prônent le libre-échange. En même temps nous assistons à une course effrénée pour sécuriser les approvisionnements en matières premières- énergie et métaux rares- pour les industries de défense.
Cette nouvelle gouvernance, fondée sur la raison du plus fort, a trouvé écho en Europe dans les milieux racistes d'extrême droite qui appellent à renvoyer les migrants dans leurs pays respectifs, non pas pour des raisons économiques, car la faible démographie en Occident y justifie leur présence, mais par crainte d'une soi-disant «submersion» de ces populations et d'une mise en danger de leur sécurité et de leur mode de vie, considérant que ces migrants en majorité musulmans ne partagent pas les mêmes valeurs qu'eux.
Désengagement américain
Sur le plan humanitaire, nous assistons à la réduction drastique de l'aide publique au développement octroyée par les pays développés aux pays en voie de développement. Autre indicateur de la fin prévisible de la solidarité internationale, le quasi arrêt des soutiens apportés par l'Agence américaine de développement aux programmes sociaux de nombreux pays dans le monde, exposant ainsi les populations concernées à la précarité.
La tendance des pays au repli sur soi, armés et barricadés derrière des frontières inviolables, ira en s'accentuant, et redessinant la carte d'un nouveau monde divisé entre, d'une part, une minorité d'États autosuffisants et puissants et, d'autre part, une majorité d'États, affaiblis, vassalisés et contraints, pour les non- alignés, de s'allier pour se protéger. Ce constat unanime a amené les pays à anticiper l'aggravation de la situation sur le plan, politique, économique, social et sécuritaire et à réviser leur gouvernance pour faire face à des menaces existentielles. C'est ainsi que les pays européens, s'inquiétant du désengagement américain en Europe et des menaces venues de l'Est, se sont fixé de nouvelles priorités et de nouveaux choix budgétaires, ceux d'une économie de guerre, en augmentant leur budget de défense et en donnant la priorité aux industries militaires.
Pour illustrer ce changement d'orientation, citons l'instruction que la Première ministre d'un pays européen a donnée à son chef des armées: «Achetez tout ce qui peut contribuer à une défense forte, ici et maintenant» et l'orientation d'un chef d'État d'un autre pays européen de promouvoir l'épargne populaire pour financer l'effort de guerre.
Cette évolution, si non contrariée par une mobilisation des peuples à l'échelle planétaire en faveur de la paix, aboutirait à un conflit généralisé, sans limite et sans frontière. Le signe le plus alarmant de cette évolution est le non-respect de la Charte des Nations unies et de ses différents principes: la souveraineté nationale, la non-ingérence, le règlement pacifique des conflits. Pis encore est l'impuissance de la Cour internationale de justice et de la Cour pénale internationale à faire respecter le droit international et le droit humanitaire pour préserver la paix et la sécurité dans le monde, et empêcher l'humanité de sombrer dans les guerres et le chaos.
Génocide colonial
Les conséquences d'une économie de guerre se font déjà sentir et vont s'accentuer: moins d'agent pour lutter contre le réchauffement climatique et pour améliorer les conditions de vie et de travail des populations, moins de liberté avec suspension des droits humains, droits politiques, économiques sociaux et culturels, pour plus de sécurité, dans un contexte de préparation à la guerre. La situation actuelle rappelle les années 30 où la guerre totale engagée par les États- Unis et l'Angleterre contre l'Allemagne et le Japon, qui a commencé par le renforcement de leurs industries militaires avec la production accélérée de chars, de sous-marins, et d'avions de combat, la sécurisation de leur pays sur le plan alimentaire et des matières premières, et qui a culminé avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et ses 20 millions de morts. Une guerre sans l'arme nucléaire qui ne fut utilisée que pour faire cesser les combats, avec le bombardement de Hiroshima et de Nagasaki, dont on vient de commémorer le 80e anniversaire. Ceci pour se souvenir que la prochaine guerre aurait un bilan beaucoup plus lourd si l'arme nucléaire venait à être utilisée. L'Algérie qui a subi le génocide colonial avec ses millions de morts, la mobilisation forcée de sa population et de ses ressources pendant la Seconde Guerre mondiale et plus de 45 000 civils désarmés abattus de sang-froid, par des colons à la fin de cette guerre, et les essais de l'arme nucléaire sur son sol au mépris de la population locale, connaît plus que quiconque l'importance de la paix et de la sécurité dans le monde en oeuvrant à les sauvegarder sur la scène internationale, au Conseil de sécurité et à l'AG de l'ONU prônant le dialogue et la médiation pour le règlement des conflits.
Pays non aligné, l'Algérie aspire à la paix et reste ouverte à la coopération internationale, notamment dans le domaine des énergies fossiles et renouvelables, des minerais stratégiques et de la sécurité régionale, avec tous les pays intéressés respectueux de sa souveraineté nationale.
L'Algérie est bien consciente des menaces grandissantes qui se développent au niveau régional et international, pouvant impacter la sécurité de son territoire et ses approvisionnements en produits de première nécessité et s'organise pour y faire face.
Cela ne date pas d'aujourd'hui, car l'Algérie a été confrontée depuis son indépendance à des agressions continues de forces étrangères hostiles à sa souveraineté et à son non alignement, visant à porter atteinte par tous les moyens à l'unité nationale, à l'intégrité de son territoire et à l'union sacrée du peuple et de son armée. Elle en est sortie victorieuse et a développé depuis lors une expérience inégalée dans la lutte contre toutes les formes de subversion.
Mobilisation du peuple
En premier lieu, elle continue de consolider ses capacités militaires de défense nationale en dotant l'armée des équipements les plus modernes et en formant son encadrement et ses soldats aux nouvelles technologies numériques, à la fois pour une guerre conventionnelle ou pour une guerre hybride comportant des cyberattaques, sur terre, sur mer et dans les airs. Elle a, en même temps, engagé une politique de production et de diversification de son armement pour renforcer son autonomie stratégique, tout en oeuvrant à consolider ses alliances pour sa défense et son développement.
Sur le front financier, elle a sécurisé ses ressources en devises en rapatriant ses réserves d'or stockées à l'étranger et a diversifié les monnaies de ses réserves de change, incluant le yuan à côté de l'euro et du dollar. Sur le plan économique, des efforts exceptionnels sont consentis pour développer l'agriculture en vue d'assurer l'autosuffisance alimentaire du pays, et pour augmenter les stocks des produits céréaliers dans la durée pour faire face à des ruptures éventuelles des chaînes d'approvisionnement par temps de guerre.
Mais l'enjeu principal demeure la mobilisation du peuple en le préparant à l'effort et à la résistance face aux menaces multiformes qui se développent, s'intensifient et s'accélèrent. À cet effet, la communication doit être renforcée pour mener des campagnes actives de sensibilisation et contrecarrer la stratégie de désinformation et de provocation tous azimuts de l'ennemi, visant à affaiblir l'État avant le déclenchement des hostilités. Il devient en même temps urgent et impératif de rassembler les forces vives de la nation, renforcer la cohésion sociale et constituer un front patriotique, afin de dissuader quiconque projetterait de porter atteinte à la souveraineté nationale et à l'intégrité territoriale de notre pays.

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