L'Expression

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LA VIOLENCE URBAINE GANGRÈNE L’ALGÉRIE

La génération des révoltés

A El-Kala, la population a entrepris dans l’urgence une décantation de son espace vital. Et de quelle manière!

Des plaisanciers, des «étrangers» des lieux, ont été pris à partie, poursuivis, battus pour être chassés, selon les rapports concordants des journalistes sur place. Les raisons de cette subite montée de violence ressemblent - on croirait à un remake - à ce qui s´est passé à Bordj El-Kiffan, commune à l´est d´Alger, il y a quelques semaines à peine: à la suite d´un énième crime, qui, cette fois, touche un habitant de la ville, celle-ci entreprend de remettre les choses en ordre, tous les moyens de recours étant consommés auprès des représentations officielles de l´Etat.
Pas seulement cela. Les habitants attestent des collusions, qui ont favorisé la perversion de leur ville, entre des acteurs officiels, censés garantir la sécurité et l´ordre social, et des opérateurs «économiques» qui ont pour seul visa à l´activité une manne financière à partager.
Pour la réplique, le wali d´El-Tarf dira, à l´issue d´une réunion avec les habitants de la ville, qu´il faudra faire la différence entre l´Etat et ceux qui le représentent. Par quoi vaut l´Etat, si ce n´est par ses représentations? Deux cas de figure excuseraient cette distinction que propose le wali. Ou bien c´est l´Etat qui a échoué dans l´entreprise de moralisation de ses institutions, si tant est qu´elle ait pensé un jour le faire.
Ou bien alors, ce sont les institutions de l´Etat qui lui ont échappé pour se constituer en forces régionales, à l´abri de sanctions, grâce à des alliances, à des influences, qui ont eu le temps et le loisir de s´immiscer dans des niveaux hiérarchiques pénalisants et paralysent toute bonne volonté, si toutefois elle existe. D´autres lectures n´hésitent pas à fondre franchement sur un système établi, qui, faut-il l´avouer, ne présage rien de bon pour le futur, favorisant un pourrissement déjà entamé.
Un aspect important est à retenir enfin dans cette violente attitude sociale. Un rejet primaire qui ne souffre plus de retenue et qui n´hésite plus à délimiter son essence en échappant à un cadre national. La population d´El-Kala s´en est prise à des personnes qui avaient pour seul tort, peut-être, d´être étrangères à la ville, accusées d´être des «vagabonds et des criminels».
La tendance, même si elle est loin d´être généralisée et qui s´expliquerait par son caractère passionnel, ne doit pas occulter une fissure potentielle qui, si elle venait à être consommée, plongerait le «pays» dans une situation irréversible. Le processus de déstructuration sociale, qui a conduit à cet état de fait, a été entamé il y a plusieurs dizaines d´années, sous le règne de Chadli, pensent les initiés en sociologie.
Ce qui aurait pu être un réaménagement social sur une expression politique contemporaine, n´a pas été suivi du développement économique qui devait assurer une cohésion relative. Résultat: une société qui n´assume plus un nouvel être distorsionné. Les bastions communautaires, qui ont échappé à l´éclatement, tendent à se protéger, parfois violemment. Il faut, toutefois, relever que les données politiques, sociales, économiques, culturelles et autres, présidant à la crise, ne sont, dans les mains d´intéressés, que des éléments tactiques de guerre et non des thèmes de réflexion.

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