L'Expression

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SEISME, MEDIAS ET POLITIQUE

Même le drame est exploité

La récupération politicienne peut émaner aussi de milieux insoupçonnés.

Avant même de connaître le bilan définitif en pertes humaines et en dégâts matériels de la catastrophe qui vient de s´abattre sur le centre du pays, des voix ont commencé dès le lendemain, par médias interposés, à lancer des accusations de toutes sortes contre les pouvoirs publics.
Sans situer exactement les échelons de la responsabilité, ni savoir la nature et les procédures à suivre dans l´utilisation des moyens d´intervention rapides dans ce genre de catastrophes, les écrits et les commentaires se sont surtout fixés sur les déplacements sur place des hauts représentants du pouvoir politique (ministre de l´Intérieur, Chef du gouvernement et chef de l´Etat). A l´unanimité, ces «experts» de la fabrication des opinions de la rue ont décidé que le premier responsable de la catastrophe était l´Etat ou ceux qui le représentent au plus haut niveau comme si ces derniers avaient aussi le pouvoir d´empêcher la colère de la nature.
Si le mécontentement qui continue de monter parmi les rescapés, accusant les autorités d´incompétence et de laxisme dans l´application des règles antiséismiques, est compréhensible et a toute sa raison d´être, en revanche les soupçons de récupération électoraliste et politicienne sont gratuits et ne méritaient même pas d´être évoqués en ces tragiques circonstances.
S´il est vrai, que comme partout ailleurs dans le monde, les faiseurs d´opinion parlent toujours des trains qui arrivent en retard, mais jamais de ceux qui arrivent à l´heure, il faut faire la part des choses et ne pas accabler ce peu d´Etat qui reste, par les conséquences négatives de ses actions ou de celles de ses fondés de pouvoirs locaux.
Des Etats beaucoup plus puissants et mieux organisés à tous les niveaux face à ce genre de situations exceptionnelles ont, eux aussi, été dépassés par l´ampleur du désastre moins dramatique que celui que vient de connaître l´Algérie.
Qui sait par exemple que pendant l´hiver 1997 au Canada, une vague de gel et de verglas a complètement mis hors d´usage l´ensemble du réseau électrique de la province du Québec et qu´il a fallu plusieurs jours aux autorités pour rétablir le courant dans la ville de Montréal? A Alger après un tremblement de terre de 6,8 sur l´échelle de Richter, le courant électrique a été rétablie dans une grande partie de la capitale qui est restée debout, en moins de 6 heures, et le réseau de l´eau potable en quelques jours.
Pour un Etat accusé de tous les maux et par tous les mots, c´est un résultat qui ne passe pas inaperçu sauf pour ceux qui escamotent la réalité et qui font de la récupération politicienne la plus insidieuse. En outre, quand ces mêmes milieux versent des larmes de crocodile sur les traumatisés et les sinistrés qu´on pousse à focaliser leurs frustrations sur les maires, les walis, les promoteurs et les entrepreneurs, tous accusés d´être responsables de la fragilité des immeubles et des édifices, faut-il leur rétorquer que ce constat de corruption locale à grande échelle basé sur la cupidité et le gain de l´argent facile, était connu de tous et ne datait pas d´hier. Par ailleurs, les accusations relatives à l´insuffisance des gros moyens d´intervention de l´Etat, ne sont-elles pas le résultat d´une logique économique ultra-libérale qui veut que l´Etat se désengage de toutes les grandes entreprises notamment celle du secteur des travaux publics dotées de grands engins et de matériels adaptés, à laquelle ces mêmes milieux n´ont pas cessé d´appeler ces dernières années?
Alors, si récupération politicienne il y a, elle peut aussi émaner de là où on ne pense pas la trouver.

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